ARIEL ramirez

Compositeur et pianiste, né à Santa Fe (Argentine) le 4 septembre 1921 ; mort à Mote Grande le 18 février 2010.

Ariel Ramirez naît dans une famille de musiciens et suit des études classiques de piano et de composition au conservatoire national à Buenos Aires;
Fasciné par les traditions et les fêtes populaires de son pays, par la musique des gauchos et par celles des communautés indiennes des hauts plateaux, Ariel Ramirez a une conscience profonde de l’identité métissée de l’Argentine. Il étudie l’histoire et les formes du tango, puis de la musique populaire argentine et sud-américaine. Jeune étudiant de 20 ans, il rencontre Atahualpa Yupanqui. « Le maître me dit :"Joue-moi une zamba". Je lui réponds que je ne sais pas, parce que, faute d'argent, je ne suis pas allé au nord de l'Argentine écouter les guitaristes qui la jouent si bien." Le lendemain, Atahualpa Yupanqui lui fait parvenir un billet de train, dix pesos, une adresse et trois noms. L'un d'entre eux est celui du musicologue Justiniano Torres Aparecido avec qui Ariel Ramirez parcourt ensuite les provinces à la recherche des secrets du folklore.
 
En Europe où il séjourne de 1950 à 1954, Ariel Ramírez poursuit des études musicales à Madrid, Rome et Vienne et approfondit sa connaissance des origines de la musique argentine, de la musique européenne du début du XXème siècle et des musiques traditionnelles de l’Europe centrale. 

A son retour en Agentine en 1955, il entreprend une démarche de conservation et d'enrichissement du patrimoine musical traditionnel argentin: il collecte les chansons du folklore, rencontre tous les grands musicologues, auteurs-compositeurs et interprètes de la musique argentine et fonde la Compañía de Folklore Ariel Ramírez ayant pour objectif de valoriser les chants et danses traditionnels.

Pianiste classique confirmé et improvisateur vituose, il aime improviser des longues harmonisations métissant des musiques d’origines noire, indienne et européenne. Lors d’un séjour à Paris, il sollicite un soir du pianiste du bar de la Closerie des lilas d’emprunter le piano pour faire entendre à son interlocuteur quelques thèmes authentiquement indiens ; la richesse des mélodies et des rythmes captivent l'auditoire, les conversations cessent, des clients entourent le piano ; les applaudissements fusent lorsque Ariel Ramirez s’interrompt, inconscient de l’attention captée.

La Misa CRIOLLA

La Misa Criolla est composée en 1963. 

Elle est écrite pour une voix soliste d’homme ou de femme, choeur mixte et ensemble instrumental traditionnel andin comprenant charango (guitare à 5 cordes), queña (flûte rustique), siku (flûte de pan bolivienne) et diverses percussions traditionnelles d’Amérique du Sud.

Elle est créée au printemps 1964 sous la direction de Jesus Gabriel Segade, avec le compositeur au clavecin, Los Fronterizos (un célèbre quartette vocal masculin argentin), le chœur de Cantoría de la Basilique del Socorro de Buenos Aires et des artistes locaux au charango (Jaime Torres) et aux percussions andines. C’est un triomphe. Elle est enregistrée en 1965 sous la direction de Ariel Ramirez. Elle est présentée en tournée européenne en 1967 ; la musique du folklore andin connaît alors un grand engouement. La tournée se clôture par une audition privée au Vatican devant le pape Paul VI. La Misa Criolla est de nouveau interprétée à Rome en la Basilique Saint-Pierre, le 12 décembre°2014, en présence du pape François pour la fête de Notre-Dame de Guadalupe, patronne des Amériques, sous la direction de Facundo Ramírez, fils du compositeur. 

Ariel Ramírez projette longtemps de créer une une oeuvre d'inspiration religieuse, et c’est en 1963 qu’il se consacre à la composition d’une messe sur des rythmes traditionnels andins. 
L’usage de l’espagnol aurait été suggérée au compositeur par des prêtres déplorant que leurs paroissiens ne puissent participer activement aux actes du culte lorsque celui-ci est servi en latin. La Misa Criolla donne ainsi aux fidèles le moyen d’exprimer leur foi de vive voix en toute intelligibilité.

La Misa Criolla est une des premières messes écrites en langue vernaculaire dans le sillage du concile Vatican II (1962-1965). Deux prêtes émérites réalisent l’adaptation litérale du texte liturgique latin que venait d’approuver le concile : Antonio Osvaldo Catena, ami d’enfance et alors président de la Commission épiscopale pour l’Amérique du Sud, et le père Alejandro Mayol, proche de Vatican II, "prêtre du peuple", animateur d’une émission de télévision, compositeur d'œuvres populaires et d’une Passion selon Saint Jean écrite sur des rythmes de folklore. Un autre prêtre, Jesus Gabriel Segade, travaille sur les arrangements choraux.
 
Plusieurs messes sud-américaines ont été composées à cette époque (Salvadore, etc). Certaines, jugées trop proches de la théologie de la libération, ont été réprouvées, telle la Misa Campesina Nicaragüense de Carlos Mejía Godoy. La Misa Criolla, fidèle aux textes liturgiques, écrite par d’éminents membres du clergé, est agréée. 

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